Une étude du Groupement de défense contre les organismes nuisibles (GDON) a révélé qu’un platane du boulevard Marceau était atteint par le chancre coloré. En application de la réglementation très stricte dans ce domaine et de l’injonction formelle émanant de l’État, la ville est dans l’obligation de procéder à son abattage ainsi qu’à celui de 12 autres sujets situés à proximité. L’opération débutera le lundi 25 mai, pour ne pas empiéter sur la réouverture des restaurants.

L’annonce de platanes atteints par le chancre coloré est toujours une triste nouvelle. Et c’est encore plus triste lorsque cela concerne des arbres emblématiques d’un des axes les plus fréquentés de la commune.
Comme elle l’a fait pendant la crise du Covid-19, la municipalité prendra néanmoins ses responsabilités et suivra les injonctions réglementaires en procédant à l’abattage du sujet atteint et des arbres situés dans un rayon de 35 mètres.

La sécurité avant tout
C’est évidemment très douloureux de procéder à cet abattage mais il n’y a hélas pas d’autre solution : le chancre coloré est en effet un mal incurable et très contagieux qui tue rapidement les platanes, environ 1000 par an en région Paca. Fragilisés, ceux-ci finissent par se fracturer et font courir un grave danger pour les personnes passant dessous.
Le boulevard Marceau est un axe très fréquenté, avec des trottoirs et des terrasses ; à cet endroit plus encore qu’ailleurs, il est hors de question de faire courir un quelconque risque au public et aux professionnels.

Les sujets remplacés à l’automne
« L’abattage des 13 platanes concernés (11 sur le boulevard Marceau, 2 sur la place de la République) débutera le 25 mai, avant la réouverture des restaurants pour ne pas impacter la reprise de leur activité », explique Mathilde Mazuy, directrice des services techniques municipaux. « Il sera immédiatement suivi par la dévitalisation des souches. Le platane situé au sud-est de la place de la République étant une variété Vallis clausa immunisée, il sera conservé. »
Quelques semaines plus tard aura lieu l’enlèvement des souches, puis à l’automne, la plantation de sujets de remplacement, dont l’essence doit encore être déterminée, en partenariat avec le Parc naturel régional des Alpilles dans le cadre de la directive Paysages. L’objectif étant d’avoir à terme plus d’arbres replantés que d’arbres arrachés. 

En 2012, 5 platanes contaminés avaient déjà été coupés sur le boulevard Marceau, en contrebas de la collégiale Saint-Martin. « Procéder à l’abattage est douloureux mais permet aussi de retarder la propagation rapide aux sujets voisins. »
Un enjeu essentiel, donc, pour conserver le plus longtemps possible les platanes du Cours, déjà très âgés.

Téléchargez le rapport du GDON

Un mal incurable et très contagieux
Le chancre coloré est une maladie du platane, originaire d’Amérique du Sud. Ce champignon est arrivé en France après avoir été transporté dans des planches ayant servi à la fabrication de caisses de munitions, lors de la seconde guerre mondiale. Il s’est ensuite propagé vers d’autres pays d’Europe.

Un platane atteint n’a aucun moyen de défense efficace et meurt en quelques mois. Il dépérit et perd ses feuilles ; à l’intérieur, les taches rouge orangé se propagent en hauteur et vers le centre de l’arbre.

La maladie peut se propager par l’intervention humaine ou par abattage de sujets malades – les racines restant porteuses du champignon actif pendant dix ans après abattage. Elle peut aussi se propager par blessure, aussi petite soit-elle, par le biais de l’eau, vecteur naturel, ou par l’interconnexion des réseaux racinaires des arbres.

Une règlementation rigoureuse
L’arrêté ministériel du 22 décembre 2015 indique que la lutte contre le chancre coloré est obligatoire sur tout le territoire national. Aucun traitement efficace n’existant à l’heure actuelle, seul l’abattage des arbres malades, dans un rayon de 35 mètres, avec extraction des souches, permet d’éradiquer les foyers.

Téléchargez l’arrêté ministériel sur le chancre coloré

Des arbres âgés
On sait depuis 1997, quand les platanes sont devenus propriété de la ville (ils étaient auparavant propriété du département), que ces arbres sont âgés et fragiles.

La ville prend depuis le plus grand soin de ses platanes pour prolonger leur vie. Les rythmes et méthodes de taille ont été largement modifiés depuis 2012 dans ce but.

« Ces dernières années, plusieurs branches se sont cassées du fait de l’âge avancé des platanes. Le chancre coloré est une menace supplémentaire qu’il faut prendre très au sérieux » résume Mathilde Mazuy.

L’objectif de la ville est d’avoir à terme toujours plus d’arbres replantés que d’arbres arrachés.