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Formée à la sculpture par Ossip Zadkine, Marie-Pierre Thiébaut (1933-2010) collabore en 1967 et 1968, en Algérie, avec l’architecte Fernand Pouillon. La lumière et les matières du sud la marquent profondément et constituent le socle de son travail. Elle développera un lien intime avec la Nature qui se manifestera par une intégration progressive d’éléments glanés au sein même de ses compositions. Le corps est celui par qui tout passe, il occupe le cœur de sa pratique. C’est par lui que jaillit le geste mais c’est aussi lui qui imprime sa forme comme dans la série des Empreintes de pouce, seins ventre, etc. L’organique caractérise la sculpture de Marie-Pierre Thiebaut comme la réminiscence d’une pulsation originelle, un mouvement primaire incarné, une expansion vitale que nous reconnaissons comme l’évidence.

Sa relative discrétion sur le devant de la scène artistique en fait une artiste rare dont une partie de l’œuvre s’est imaginée dans la garrigue provençale à côté de Gordes où elle avait installé une maison atelier. Marguerite Duras a été une des premières à reconnaître « la force et la grâce » de sa sculpture dans un texte qu’elle écrit dès 1972.

Cette exposition à caractère rétrospectif, à Saint-Rémy-de Provence, sur les terres provençales qu’elle avait choisies, rappellera les profondes conversations à l’œuvre dans son travail, ce va- et-vient permanent entre le moi et le monde dans ce lien indéfectible qui l’unissait à la Nature.

Commissariat général : Élisa Farran, conservatrice et directrice, musée Estrine, Saint-Rémy-de-Provence

Cet article a été modifié pour la dernière fois le 19 janvier 2024 à 15:23

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