André Marchand a construit une œuvre emblématique au sein de laquelle la couleur occupe une place de choix. Autodidacte, il quitte son Aix-en-Provence natal pour Paris au milieu des années vingt. Au contact de l’avant garde parisienne il développe une figuration dite « monochrome » où les sujets de peinture sont traités classiquement dans des dégradés de tons aux glacis appuyés. La tonalité générale des peintures comme La fleuriste ou Les fiancés laisse l’impression d’une uniformité dans le traitement de la lumière, plus artificielle et aux accents métalliques. Les couleurs se déclineront autour des bleu, gris, ocre, unifiés dans des brillances de vernis. Pendant la guerre, Marchand a une vision qui le décide à laisser cette première manière pour utiliser la couleur pure dans ses savantes associations. Dans le même temps, la forme se fractionne et les œuvres quittent totalement le répertoire mis en place dans les années précédentes. De grandes compositions contrastées à la perspective ramassée comme Astarté ou les Parques voient le jour. Les couleurs complémentaires viennent remplacer le dessin dans la structuration de l’espace, noir et bleu profond seront désormais les bases identifiables de ce nouvel horizon pictural.
Cet article a été modifié pour la dernière fois le 20 janvier 2026 à 14:23

