Le contexte international, marqué à la fois par l’aggravation du changement climatique, la flambée des prix de l’énergie et la tension à craindre sur le réseau électrique, a incité la commune à renforcer dès cet été sa stratégie de sobriété énergétique. Celle-ci s’articule autour de 2 grands axes : le chauffage des bâtiments communaux et l’éclairage public.
L’ensemble de ce plan a été élaboré de façon conjointe par un groupe de travail composé d’élus, de la direction des services techniques municipaux et des électriciens.
CHAUFFAGE
La saison de chauffe hivernale a été réduite, avec un démarrage décalé au 7 novembre.
On estime que baisser de 1°C la température du chauffage génère environ 7% d’économies d’énergie. Selon cette formule, les bâtiments publics seront moins chauffés dès cet hiver :
• 19°C à la bibliothèque, au conservatoire, au musée des Alpilles, à la police municipale, à la mairie ; 19°C également dans les salles Henri-Rolland et Jean-Jaurès ;
• 22°C à la crèche municipale ;
• entre 17 et 18°C au gymnase et dans les salles du Cosec ;
• 19°C au tennis-club et dans les vestiaires des stades.
• dans les écoles, les salles de classe, dortoirs, réfectoires et salles d’activité seront chauffées à une température entre 19°C et 20°C pendant le temps scolaire. Par conséquent, les tenues vestimentaires des enfants devront être adaptées à la situation afin qu’ils puissent se couvrir, ou non, selon leur appréciation de la température.
ÉCLAIRAGE
« Depuis 2011, la ville a engagé une politique de rénovation de son parc d’éclairage public, vétuste et gourmand en énergie », rappelle Vincent Oulet, adjoint au maire chargé des travaux. « À ce jour, 50% du parc a été remplacé ; 42 % est équipé en Leds avec un abaissement de puissance programmé à 50% à partir de 22h. »
Ces derniers mois, la commune a expérimenté un abaissement supplémentaire de l’intensité lumineuse (jusqu’à 25% du maximum) dans un quartier résidentiel pour évaluer le ressenti des riverains. Ceux-ci n’ont pas perçu de changement, l’œil humain s’adaptant très bien à une plus faible luminosité.
Suite aux résultats concluants de ce test, le plan de sobriété énergétique, mis en place par la municipalité, étend ce dispositif à tous les quartiers dotés de lampadaires à Leds, afin de générer des économies supplémentaires tout en maintenant un éclairage sécurisé pour la population :
• De l’allumage à 20h : intensité de l’éclairage public à 100%
• De 20h à 22h : éclairage à 50% ;
• De 22h à 6h : éclairage à 25% ;
• De 6h à l’extinction : éclairage à 50%.
Le travail de reprogrammation de l’ensemble des points lumineux à Leds est intégralement effectué par trois agents des services techniques municipaux, à un rythme intense de 20 et 25 luminaires par jour. Cette programmation sera également appliquée aux nouvelles commandes de luminaires, dans le cadre de la réfection de l’éclairage public.
En parallèle, la mise en lumière de la façade de la mairie a été reprogrammée de 18h30 à 22h.
Si l’extinction totale de l’éclairage public n’a pas été retenue, c’est avant tout pour garantir la sécurité de la population et pour maintenir le système de vidéoprotection, lequel n’est pas équipé de caméras infrarouges.
(photo : installation de lampadaires à Leds par les services techniques municipaux, en septembre 2021)
Les illuminations de Noël maintenues

En dépit d’un contexte énergétique tendu, la ville a tout de même prévu d’installer des illuminations de Noël, afin de préserver l’ambiance des fêtes de fin d’année.
« Il faut savoir que l’ensemble de ces illuminations ont à Saint-Rémy une consommation électrique extrêmement réduite, de l’ordre de 8 euros par jour », souligne Rodolphe Roger, conseiller municipal chargé des relations avec les fournisseurs d’énergie.
Couper les illuminations de Noël durant la nuit se révèle par ailleurs techniquement compliqué : cela imposerait soit de couper l’ensemble de l’éclairage public la nuit, soit d’équiper chaque prise d’illuminations d’une horloge temporisée. Cette dernière solution représenterait un coût financier colossal (environ 150 à 200 € TTC par prise) pour une économie d’énergie dérisoire.
« Température de couleur » et biodiversité
« Dans le but d’atténuer les nuisances lumineuses dans le Parc naturel régional des Alpilles, le choix a été fait d’équiper les nouveaux luminaires avec une température de couleur de 2700 °K (plus jaune orangée), préconisée pour les villes situées au cœur des parcs naturels », précise Arnold Martin, conseiller municipal délégué à l’environnement, aux espaces naturels et à la biodiversité.
En parallèle, la ville travaille sur une « trame noire » en collaboration avec le Parc et le Groupe chiroptères de Provence. Les trames noires correspondent aux espaces dans lesquels la nuit noire favorise l’expression de la biodiversité et permet aux espèces nocturnes de réaliser leur cycle de vie. La trame noire est inscrite dans la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages (août 2016), et les collectivités s’engagent à réduire l’éclairage nocturne et adapter la température de couleur au sein des continuités écologiques identifiées.
Cet article a été modifié pour la dernière fois le 7 janvier 2026 à 11:41