En 1989, le centre d’art Présence Van Gogh ouvrait ses portes. La citation au maître hollandais fut assumée dès la fondation des lieux, confirmant sa vocation de « maison de peintres », à l’image de ce grand atelier du midi rêvé par Vincent van Gogh. Alors que la peinture n’était pas au centre de l’attention de la critique et des institutions à la fin des années 1980, le centre d’art Saint-Rémois réunissait patiemment une collection riche de variété, soigneusement enrichie au fur et à mesure des expositions présentées.
En 2007, l’appellation Musée de France fut décernée à la collection en récompense de ses qualités scientifique et culturelle.
Derrière le superlatif de chef-d’œuvre largement utilisé aujourd’hui, réside une définition plus simple, celle d’une œuvre dont les valeurs techniques et conceptuelles font d’elle une référence dans son domaine. Là est l’intention de cette exposition, rassembler les icônes artistiques qui composent les collections du musée Estrine depuis la fin du XXe siècle, enrichies au gré de la sélection exigeante des collectionneurs fondateurs du centre d’art. Pour illustrer cet exercice qui engage le visiteur dans un cheminement de la modernité vers la contemporanéité, Juliette Roche et Albert Gleizes incarneront un cubisme qui visait la transcendance et dont l’existence reposait sur le collectif. Les fééries provençales d’André Marchand, dont l’œuvre irrigue la collection, représenteront la nouvelle école de Paris aux côtés d’Édouard Pignon et Mario Prassinos. Tandis que l’expressionnisme trouvera son ambassadeur avec l’œuvre ascétique de Bernard Buffet, la dualité abstraction-figuration perdurera avec les abstractions vauclusiennes de Georges Arditi dont les empâtements ont à voir avec l’approche matiériste de Paul Rebeyrolle. La peinture de Vincent Bioulès racontera, quant à elle, le chemin parcouru entre le non-sujet du mouvement Supports/Surfaces vers une figuration méditerranéenne. Entre autres contemporains, Denis Laget prouvera que les registres académiques de la peinture peuvent être sujets aux expériences plastiques du XXIe siècle. Cette liste non-exhaustive d’icônes de la peinture moderne et contemporaine occupera les trois salons d’époque XVIIIe de l’hôtel Estrine, dans une progression chronologique.
Cet article a été modifié pour la dernière fois le 28 janvier 2025 à 13:40


