Vernissage : samedi 24 août à 19h
Tout a commencé avec un vieux drap. Un drap blanc un peu cassé, presque fâné. Un linge ancien, de ceux que l’on ne voit plus guère et que pourtant on gagnerait à observer.
Un drap grand, droit, lisse et rugueux à la fois, cousu parfois. Un bout de passé cousu sur les bords, et effiloché par endroit. Le drap est tendu dans l’instant présent, avec une pince à cheveux ou à linge, une pensée d’amour et de douceur.
Sur le drap, une esquisse au crayon sera mouillée par un sachet de thé, sans gomme, sans tremblement. Du thé noir pour foncer le trait sans abîmer l’esquisse. La fleur de thé caresse le linge usé. Certains thés sont plus dorés que d’autres et de là naissent les reflets, les ombres et les déliés. Puis le drap est repassé, amidonné, lissé, choyé, parfois encadré, exposé, toujours aimé. Mousseline de thé sur fleurs de coton, au creux des draps de nos grands-mères, c’est la délicatesse.
Anne Laure Cases
Cet article a été modifié pour la dernière fois le 31 juillet 2024 à 09:10



