La 3e édition du prix Robert-Leroy a récompensé Félix Laffé pour son ouvrage L’oléiculture en terre des Baux, XVe-XXIe siècle : des oliviers et des hommes, fruit d’un minutieux travail de recherche entamé il y a 30 ans, et aujourd’hui publié avec le soutien de la ville. Rencontre avec un historien passionné et passionnant !

Après l’obtention d’une maîtrise d’histoire portant sur Saint-Rémy au 19e siècle, Félix Laffé devient chargé d’études documentaires aux Archives départementales des Bouches-du-Rhône. Archiviste, il obtient en parallèle un doctorat en 1990 et poursuit depuis ses recherches sur les sociétés rurales et le négoce dans les Alpilles et les plaines de la Durance.

Journal de Saint-Rémy : Quelle est la genèse de ce livre ?
Félix Laffé : Après ma thèse sur le chardon cardère, je me suis intéressé à l’histoire socio-économique du versant sud des Alpilles. Originaire de Maussane, j’avais travaillé avec mon père, qui était paysan, sur les oliviers ; j’ai donc choisi d’étudier l’oléiculture.

De quoi traite le livre exactement ?
Le livre explore l’oléiculture sous tous ses aspects, de la plantation à la fabrication de l’huile d’olive, en passant par la construction des moulins. Longtemps vivrière, cette culture devient commerciale dès le 16e s. et s’exporte jusqu’à Châlon-sur-Saône au 18e. L’ouvrage aborde aussi la confiserie des olives, l’artisanat et les métiers liés à l’olivier, au-delà des seuls propriétaires de moulins. Mon objectif était de réaliser une sociologie de ce milieu, en intégrant les termes provençaux utilisés alors. J’ai beaucoup puisé dans les textes de Charloun Rieu, véritable poète ethnographe qui a magnifiquement décrit ce travail.

À partir de quels documents avez-vous travaillé ?
J’ai commencé mes recherches en 1991, en parallèle de mon activité professionnelle. Les archives des communes de la vallée des Baux, conservées aux archives départementales, ont été essentielles à mon travail. Les fonds notariés m’ont également fourni de précieuses informations sur les achats d’huile, les baux de location et la construction des moulins. J’ai aussi consulté les archives du tribunal de commerce pour le dépôt des marques de fabrique.
J’ai également enquêté sur le terrain et pu interroger des témoins aujourd’hui disparus, qui m’ont transmis des savoirs absents des livres.
Depuis ma retraite en 2015, je me suis consacré à l’analyse des documents collectés et à la rédaction. J’ai veillé à rendre ce livre accessible à tous : un glossaire explique les termes techniques et les notes de bas de page renvoient aux sources d’archives.

Quelle place à Saint-Rémy dans votre ouvrage ?
De nombreux Saint-Rémois possédaient des moulins dans la vallée des Baux (les Mistral, les Millaud, les Raymond…). Saint-Rémy comptait peu d’oliviers et seulement trois moulins, poussant les négociants à acheter de l’huile dans la vallée. La gare de Saint-Rémy facilitait aussi la diffusion de cette huile.

Qu’avez-vous ressenti en recevant le prix Robert-Leroy  ?
J’ai été très heureux et très honoré. Il a donné un coup de pouce déterminant pour publier l’ouvrage. Bien que Maussanais, j’ai des liens très forts avec Saint-Rémy. En 1972, grâce à mon directeur de maîtrise Maurice Agulhon, j’ai rencontré Marcel Bonnet. Nous parlions la langue provençale et partagions l’amour de la Provence, il m’a toujours aidé dans mes recherches.

Venez rencontrer Félix Laffé et obtenez une dédicace le vendredi 4 juillet à 18h30, à la bibliothèque municipale.

Livre disponible au musée des Alpilles, dans les librairies de Saint-Rémy et de Maussane.

Cet article a été modifié pour la dernière fois le 14 janvier 2026 à 09:20