Aux bons soins du Centre Interdisciplinaire de Conservation et de Restauration du Patrimoine (CICRP) de Marseille depuis 2019, la Vierge de Pitié de la collégiale Saint-Martin entre dans sa dernière phase de restauration.

Le 21 juillet dernier, Charles Courbet, conseiller municipal délégué à la culture et au patrimoine, les services de la Ville et de la DRAC, ainsi que la Société d’Histoire et d’Archéologie, mécène de l’opération, ont découvert l’avancée de ce travail remarquable.

Confiée aux restauratrices Carla Theil et Violette Donjerkovic (atelier Rouge Cadmium – François Duboisset), l’intervention a permis de supprimer les repeints successifs afin de retrouver la sculpture telle qu’elle était au XIXᵉ siècle. Ce travail minutieux a révélé toute la finesse des visages et de nombreux détails jusqu’alors masqués.

La découverte la plus marquante concerne le Christ, dont les yeux apparaissent désormais ouverts. Une représentation particulièrement rare pour une Vierge de Pitié. Comme le souligne le Père Benoît, « le représenter les yeux ouverts peut traduire un choix théologique insistant sur le Christ vivant, vainqueur de la mort, ou sur une image de dévotion. »

Validées par la DRAC, les dernières interventions consisteront à réintégrer les lacunes de la polychromie, notamment sur les carnations, puis à harmoniser les couleurs afin de redonner toute sa lisibilité à l’oeuvre.

La restauration devrait s’achever en octobre. Après une ultime campagne photographique réalisée par le CICRP, cette oeuvre majeure du patrimoine saint-rémois retrouvera sa place au sein de la collégiale, où le public pourra la redécouvrir dans toute sa beauté retrouvée.

Cet article est paru dans le Journal de Saint-Rémy-de-Provence n°94 (sept. 2026)