Après plusieurs années d’études, la restauration de la statue de la Vierge de Pitié, joyau de la collégiale de Saint-Rémy, va enfin commencer. Conservée au CICRP de Marseille depuis 2019, cette œuvre rare fera l’objet d’une intervention minutieuse de dix mois.
Depuis janvier 2019, la Vierge de Pitié repose au Centre interdisciplinaire de conservation et de restauration du patrimoine (CICRP) de Marseille. Une étude approfondie a révélé la grande ancienneté de cette sculpture, désormais datée de la fin du XVIᵉ siècle ainsi que sa complexité. « Il existe en Provence très peu d’exemples de sculpture de cette époque, ce qui confère à cette oeuvre une valeur exceptionnelle », explique Maxence Mosseron, responsable du pôle conservation-restauration du CICRP, « les différentes restaurations qu’elle a subies tout au long du XIXᵉ siècle lui donnent un caractère particulier ».
Sous l’autorité scientifique de la Drac-Paca, l’intervention sera menée par l’atelier marseillais Rouge Cadmium, spécialiste du bois. Ce sont les restauratrices Carla Theil et Violette Donjerkovic qui interviendront sur l’œuvre. Le chantier, prévu sur 10 mois, commencera en début d’année. « L’étape la plus délicate sera celle du dégagement de la dernière couche apposée à la fin du XIXᵉ siècle car elle sera faite au scalpel et la quantité de matière est importante », explique Carla Theil. « Ce sera aussi la plus spectaculaire » précise Violette Donjerkovic, « car l’aspect de la statue va changer, notamment les visages qui reviendront à un aspect plus originel. »
Les étapes suivantes comprendront la consolidation du bois, le retrait de la corrosion sur les clous en fer, la consolidation des écailles, puis les comblements et retouches de la dorure.
« Cette Pietà est la pièce maîtresse des œuvres de la collégiale », rappelle Alexandra Roche-Tramier, responsable du patrimoine à la ville de Saint-Rémy. « Nous sommes très enthousiastes de voir aboutir ce travail, mené en étroite collaboration avec la Société d’histoire et d’archéologie, véritable moteur du projet. »
En restaurant cette œuvre unique, les spécialistes ne se contentent pas de lui rendre son éclat : ils contribuent aussi à enrichir la connaissance de l’art provençal et des techniques anciennes, témoins du génie des sculpteurs des XVIᵉ et XVIIᵉ siècles.
(Cet article est paru dans le Journal de Saint-Rémy-de-Provence n°91)
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