Depuis plusieurs années, la ville de Saint-Rémy-de-Provence et la Communauté de communes Vallée des Baux – Alpilles (CCVBA) ont mis en œuvre de nombreux moyens pour améliorer l’organisation des services de propreté et de collecte des déchets. Après une dernière phase de sensibilisation, elles envisagent désormais d’accentuer la verbalisation des contrevenants.

Dépôts sauvages de déchets, sacs jaunes sortis tous les jours, cartons hors des bornes de collecte, sacs poubelles déposés au pied des bacs… ces incivismes ne sont malheureusement pas « propres » à Saint-Rémy. Cependant dans cette petite commune où la population s’accroît fortement, 6 à 7 mois par an, du fait de l’activité touristique, ils peuvent engendrer dans certains secteurs des désagréments importants et véhiculer une image négative de la ville et de ses habitants.

Une organisation sans cesse améliorée
Depuis plusieurs années déjà, la municipalité s’engage pour une ville plus propre, en investissant dans du nouveau matériel et en optimisant l’organisation des services (voir encadré). Depuis janvier 2017, c’est désormais la CCVBA qui a la compétence collecte et traitement des déchets et envisage de nouvelles actions comme le passage en bacs de collecte individuels et l’installation de colonnes enterrées en centre-ville, par exemple. Tandis que la compétence propreté (nettoyage des rues, corbeilles papier) reste du ressort de la commune.

Deux nouveaux règlements
Afin de clarifier les règles à respecter par tous, la CCVBA a établi fin 2018 un règlement de la collecte des déchets qui s’applique à toutes les communes membres. Il précise les règles de tri, les jours et lieux de dépôt, les contrôles effectués et les sanctions encourues en cas de non-respect.
La ville a souhaité compléter ce dispositif en adoptant en avril 2019, un règlement communal axé sur la thématique propreté. Celui-ci concerne l’entretien des voies publiques et trottoirs, les déjections canines, le jet de déchets au sol (emballages, papiers, chewing-gums…), le jet de déchets par les fenêtres (battage des tapis par exemple), l’évacuation des eaux usées, le versement de produits nocifs sur la voie publique, la nourriture des animaux, les tags et graffitis, les jets de mégots…. Des actions de sensibilisation sont également en cours, par voie de presse ou des rencontres sur le terrain.

De la sensibilisation à la verbalisation
Malgré tous les efforts fournis par la ville et la CCVBA, et le constat de progrès significatifs sur le terrain, il arrive encore que certains individus ne jouent pas le jeu et enfreignent les règlements, délibérément ou non. Chaque semaine, par exemple, 200 à 300 sacs jaunes sont déposés en dehors du mercredi soir, ce qui est inesthétique et peut occasionner une pollution de l’environnement.

Dès le début de l’été, la ville va ainsi accentuer la verbalisation, et faire porter aux contrevenants le coût de la prise en charge de leurs dépôts sauvages, des erreurs de tri, du dégraffitage, etc. À ce titre, les agents sont assermentés pour effectuer des relevés d’indices afin de trouver le fautif.

« Pour un non-respect du règlement (par exemple jour de dépôt des sacs jaunes, erreur de tri, carton ou verre déposé dans les conteneurs à ordures ménagères…), l’amende est établie à 35 euros », détaille l’écogarde municipal Patrick Tournaire. « Mais pour une incivilité délibérée, comme un dépôt sauvage d’encombrants ou des sacs noirs déposés sur la voie publique, celle-ci pourra atteindre 68 à 135 euros. Dans tous les cas, suite à l’adoption du règlement de propreté municipal, s’ajouteront à l’amende les coûts de ramassage, nettoyage et traitement par les services municipaux : mobilisation des agents, de véhicules utilitaires, évacuation des déchets. Par exemple pour un sac déposé au sol, le forfait s’élève à 65 euros en supplément de l’amende. »

Bien sûr, l’objectif affiché de la municipalité n’est pas de verbaliser les Saint-Rémois, mais bien de les inciter à respecter les règles pour un cadre de vie plus propre et plus agréable pour tous. « L’objectif est également de faire prendre conscience du coût que représente l’incivisme, un coût supplémentaire, supporté par la collectivité, et prélevé donc sur les deniers publics », ajoute Gisèle Ravez, adjointe au maire chargée de l’environnement.

Des efforts continus pour une ville plus propre

  • 2013 : embauche d’un écogarde municipal, campagnes annuelles de dégraffitage
  • 2014 : mise en place des conteneurs à cartons, vidés tous les jours par les agents de la CCVBA
  • 2015 : acquisition d’un groupe haute pression pour le nettoyage des rues, trottoirs, places, cours d’écoles
  • 2015 : passage en milieu d’après-midi de juin à septembre d’un équipage municipale spécialement dédié à la propreté autour des bacs d’ordures ménagères et bornes cartons en centre ville
  • 2016 : acquisition de 2 aspirateurs urbains
  • 2016 : création d’un service cadre de vie et embauche d’un responsable
  • 2017 : acquisition d’une camionnette électrique pour la collecte des corbeilles à papier et création d’un poste dédié
  • 2018-2019 : passage de 22 à 54 corbeilles à papier, collectées tous les jours
  • 2018 : acquisition d’un tricycle électrique pour étendre les zones de balayage
  • 2018 : remplacement de la balayeuse compacte de voirie
  • 2018 : extension des consignes de tri des emballages plastique
  • 2019 : démarrage dès le mois de mai du nettoyage de milieu d’après-midi en raison de forte fréquentation touristique