Le convoi saint-rémois, parti jeudi matin pour la frontière polono-ukrainienne, est revenu dimanche soir à Saint-Rémy-de-Provence avec une quinzaine de réfugiés. Les femmes et enfants ont été reçus en mairie où ils ont fait connaissance avec leurs familles d’accueil, avant d’aller manger un plat chaud à la cantine de l’école de la République.

C’est la fin d’un long périple pour le convoi initié par le Saint-Rémois Stéphane Allier. Partis jeudi aux aurores de la capitale des Alpilles, les minibus chargés de matériel sont arrivés vendredi en milieu de journée à Medyka, petite commune polonaise située à la frontière avec l’Ukraine, à environ 80 km de la ville de Lviv. Les biens de première nécessité chargés à Saint-Rémy par les associations et les bénévoles ont aisément trouvé preneurs, en particulier les produits d’hygiène pour bébé qui manquent aux nombreuses ONG présentes à Medyka ; ceux-ci ont été immédiatement transférés au camp de réfugiés voisin.
Le convoi saint-rémois a ensuite récupéré 5 Ukrainiens, des proches de M. Allier, avant de mettre le cap sur Cracovie, puis Varsovie, afin d’aller en chercher une dizaine d’autres, des connaissances des proches de M. Allier ou des personnes dont s’occupaient les ONG.

« Au-delà de la fatigue accumulée pendant les 4200 km parcourus en 4 jours, je retiens surtout la détresse des très nombreux réfugiés que nous avons vu franchir la frontière ukrainienne, valise dans une main, enfant dans l’autre », raconte le premier adjoint Yves Faverjon, qui conduisait le 4e minibus spécialement affrété par la ville de Saint-Rémy-de-Provence. « Après le camp de Medyka, nous avons été bouleversés par le camp de réfugiés de Varsovie, un immense entrepôt où des centaines de lits de fortune sont disposés pour accueillir les Ukrainiens. Ces personnes ont tout quitté, leur famille, leurs amis, leur maison, leur travail. Certains ont échappé de peu à la mort. Nous avons touché du doigt la tragédie de cet exode qui paraît si loin lorsqu’on en voit les images à la télévision. »

C’est avec une forte émotion que les membres du convoi ont franchi dimanche, en milieu de journée, la frontière française, étape symbolique mais importante qui marque pour les réfugiés le début d’une nouvelle vie dans notre pays.

Lors de la cérémonie en mairie, ils furent accueillis par les élus et les services municipaux, la sous-préfète Fabienne Ellul, le député Bernard Reynès, la conseillère départementale Marie-Pierre Callet ainsi que plusieurs bénévoles.

Ces prochains jours, la ville de Saint-Rémy va accompagner les Ukrainiens dans leurs démarches administratives, pour obtenir un titre de séjour, et répondre à leurs besoins matériels, en lien avec les bénévoles du collectif Solidarité Ukraine et des associations. Dès que possible, les enfants seront accueillis dans les établissements scolaires saint-rémois.

« Nous assistons à un formidable élan de solidarité », constate le maire Hervé Chérubini. « Tous ceux qui le souhaitent peuvent apporter leur contribution, soit en donnant du matériel, soit en donnant de l’argent au CCAS de la ville : celui-ci servira à régler les dépenses de la vie courante pour les réfugiés ou à soutenir les hébergeurs. Ce don d’ordre financier ouvre droit à une déduction fiscale de 66% pour les particuliers et 60% pour les entreprises. »

Pour contribuer à la solidarité avec l’Ukraine, rendez-vous sur cette page.

Cet article a été modifié pour la dernière fois le 18 mars 2022 à 10:54