Notre concitoyenne Marthe Mille, bien connue des Saint-Rémois, s’est éteinte paisiblement le dimanche 17 décembre au matin, “dans un sourire“, précise sa famille.

Il y a quelques semaines à peine, le 11 novembre dernier, Marthe avait été décorée chevalier de la Légion d’honneur par son parrain Francis Guillot, pour ses services éminents rendus à la Nation pendant la Seconde Guerre mondiale.

Née en 1926, Marthe Mathieu était encore adolescente lorsqu’elle a rejoint en 1942 le Mouvement unifié de la Résistance (MUR) dont son père Casimir Mathieu était le dirigeant. Jusqu’à la Libération de Saint-Rémy, elle participe aux actions de renseignement, de cache d’armes et de secours aux militaires alliés, au péril de sa vie.

En octobre 1944, elle épouse André Mille, jeune sous-officier aviateur également membre de la Résistance, avec qui elle aura 2 enfants, Max et France.

Après la guerre, elle exploite une bijouterie située au 16 rue Lafayette, d’abord avec son mari, puis seule, au décès de celui-ci en 1971.
En 1981, Marthe s’engage dans la vie publique et devient juge suppléante au Tribunal de commerce de Tarascon – c’est alors la première femme juge du tribunal –, avant de devenir juge titulaire en 1988, jusqu’en 1995.
Elle prend sa retraite en 2000, à l’âge de 74 ans, avant de rouvrir, avec son gendre Georges Papakirykos, un magasin d’alimentation de produits grecs, appelé “Mille Olives”, qu’elle tiendra jusqu’à l’âge de 82 ans !

Elle reçoit en 2010 le Diplôme d’honneur aux combattants de l’Armée française (photo ci-contre), en 2012 le Diplôme d’honneur de la Société nationale d’entraide de la médaille militaire, puis en 2017 la médaille de bronze de la Société nationale d’entraide de la médaille militaire.

Marthe Mille contribue également au devoir de mémoire en effectuant des interventions dans les collèges de Saint-Rémy et de Tarascon. Aux côtés de 8 autres Saint-Rémois, elle témoigne dans le très touchant film documentaire produit en 2019 par la ville et réalisé par Gautier Isambert, La Libération de Saint-Rémy-de-Provence racontée par ceux qui l’ont vécue (ci-dessous, photo de la projection à l’Alpilium le 11 novembre 2019).

Le 13 juillet dernier, par décret du président de la République, pris sur le rapport de la Première ministre et du ministère des Armées, Marthe Mille fut nommée chevalier dans l’ordre national de la Légion d’honneur.

Comme l’a indiqué Francis Guillot, président de la Société des membres de la Légion d’honneur du Pays d’Arles et lui-même chevalier dans l’Ordre national de la Légion d’honneur, lors de la remise de ses insignes le 11 novembre dernier, Marthe Mille est “un exemple pour les générations futures dans un monde où le sens de l’honneur, le goût des autres, l’engagement désintéressé manquent parfois. Merci Madame de votre exemple où l’immensité de votre courage n’a d’égal que votre modestie.

La ville de Saint-Rémy-de-Provence adresse ses plus sincères condoléances à la famille. Les obsèques auront lieu le jeudi 28 décembre 2023 à 13h30.

Remise des insignes de la Légion d'honneur à Marthe Mille par Francis Guillot, le 11 novembre 2023

On peut retrouver le parcours de Marthe Mille au sein de la Résistance dans le livre de son père Casimir Mathieu, intitulé La Résistance à l’oppression.

Dans ces mémoires publiés en 1978, Casimir Mathieu raconte notamment l’Occupation, la Résistance et la Libération à Saint-Rémy, les drames qui s’y sont joués (notamment l’assassinat des Martyrs de la Galine) et le rôle qu’ont joué les grandes personnalités locales (Joseph Mauron, Léon Ripert, Charles Mauron, Célestin Viens, Rémy et Antoine Brun, Edgar Leroy…) pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ce livre est disponible et peut être emprunté à la bibliothèque municipale Joseph-Roumanille.

Cet article a été modifié pour la dernière fois le 20 décembre 2023 à 09:55